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Mardi 13 septembre 2005

 

AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh hurla le Loup sous la Lune ronde ...

 

et tout le monde dans les villages alentour prit peur ....

 

fermant leurs portes à double tour, les femmes se mirent à prier,  les enfants allèrent se blottir au fond des placards ... les hommes sortirent leur fusil

 

AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh hurla le Loup sous les nuages qui roulaient leurs ombres maléfiques ...

 

la forêt entière résonnait de ce hurlement qui se répandait comme un frisson au dessus des villages

 

AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh hurla le Loup au sommet de la colline ...

 

alors les hommes sortirent et le tuèrent

 

 

 

 

AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh

mais un long, très long hurlement emplit en même temps la vallée, le sommet de la colline, la forêt toute entière et les alentours de chaque village

l'écho répéta  interminablement AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh

 

les hommes se turent

puis ils quittèrent le village

et encerclèrent la Louve au fond de la vallée

on entendit comme en orage claquer leurs armes

 

puis le silence retomba ... vide et sinistre

 

la Louve ensanglantée, les yeux grands ouverts ne hurlera plus

 

personne n'avait entendu que son cri était un cri d'amour ...

 

tout le monde avait oublié le langage du Loup qui aime sous la Lune sa Louve son amie  ...

  

alors les hommes rentrèrent au village  et tout le monde se rendormit

 

  

 
par GarouDesBois publié dans : nouvelles
Samedi 10 septembre 2005

 

il y a bien longtemps

le ciel était tout noir

tout noir

si noir qu'on ne savait même pas qu'il existait

personne ne pouvait le voir

LilouDesEtoiles retenait toujours ses cheveux relevés en y piquant un pinceau

un soir

elle monta tout en haut de son échelle pour voir par dessus l'horizon

si des fois, on apercevait quelque chose

mais elle ne vit rien

elle se cogna la tête sur le ciel invisible

c'est alors qu'elle remarqua quelque chose qui brillait

là où le pinceau dans ses cheveux avait touché le ciel

alors elle le trempa dans la lumière qu'elle gardait toujours au fond d'elle

et saupoudra le ciel de diamants scintillants

 

 

depuis ce jour Cassiopée et toutes les constellations

éclairent la voûte noire

et plus personne ne se cogne la tête en montant en haut d'une échelle

 

 
par GarouDesBois publié dans : nouvelles
Dimanche 28 août 2005

 

 

J’ai demandé à la mer si je devais répondre

J’ai demandé à ma mer

Je la voyais douce et tendre, généreuse et accueillante

Elle m’offrait ses reflets scintillants  son écume parfumée

Son horizon limpide aux senteurs d’infini

    

  

 

   

 

Quand je me suis approché, elle bouillonnait si fort … elle a voulu me prendre

je la désirais calme et docile mais c'était l'heure de la grande lessive

Alors j'ai couru vers elle éperdu, vers ses tièdes tourbillons

j'ai tendu les bras, les mains jointes et j'ai plongé comme on vole dans le grand liquide

et j'ai plané dans son entraille mouvante, entre deux mondes entre deux eaux comme un têtard aux yeux vides

j’ai goûté au silence salé trouble et moite qui me berce et m’ensorcelle

je m’y sentais si bien que je voulais rester dans le ventre de la mer redevenir éternel sans pesanteur et sans soucis

 

Mais elle m’a dit respire

Garde la tête hors de l’eau ne laisse pas les masses de mes vagues d’assaut détourner ton chemin

Tu as bien mieux à faire qu’à te battre contre l’écume qui te passe au travers et que jamais personne n’a réussi à retenir

 

 

    

Je me suis assis sur le sable chaud à l’abri du vent au bord de la dune en contemplant son image sage.

Elle m’a dit que chaque instant est un présent, que chaque vague est une offrande.

Que celui qui désire m’affronter doit rester humble …

Que demain n’existe pas, c’est une invention des humains

Que seul compte l’instant qui passe … l’instant de ta vie tout entière

 

Elle m’a dit respire encore, ne compte ni le temps ni les grains de sable … ne compte ni le vent ni les coquillages … ne compte ni les jours ni les saisons 

 

 

  

  

 

 

Elle m’a dit aussi oublie l’âge que tu as car il ne veut rien dire … elle m’a confié aussi mais ça c’est un secret

… tu sais j’ai repris à la vie des enfants jeunes et beaux qui pensaient n’être qu’au début d‘une longue existence et les ai emportés au delà des frontières du conscient …

Puis elle a ajouté

… tu vois ce vieil homme difforme sur son fauteuil roulant poussé péniblement par cette femme jeune … eh bien un jour je reprendrai la femme et lui, restera seul … pour elle ce sera la fin d’un long calvaire et pour lui le début d’une souffrance encore plus grande … celà parait injuste et pourtant c’est ainsi que les enfants jeunes et les femmes dévouées disparaissent aussi … car la vie ne s’attarde pas à ces considérations ..

ce qui te paraît injuste est la loi de la nature dont tu n’es que poussière et que chacun se doit d’apprendre à ses dépends.

Personne ne connaît cette loi, il faut à chaque instant l’apprendre et l’oublier.

Personne ne l’a jamais écrite il faut la ressentir.

Personne ne pourra jamais la prévoir car je la change à chaque instant.

   

Alors sois sage et respectueux, humble mais dynamique car tu ne sais pas petit homme, quand viendra le moment que j’aurai chois pour toi.

Tu ne sais pas quel courant t’emportera, quel vent t ‘arrachera  du sol que tu crois si solide.

Tu auras beau nager comme le plus bel athlète, courir beaucoup plus vite que le plus rapide des lièvres, le jour où j’aurai décidé de t’emmener dans mon voyage, rien ni personne ne saura te retenir.

 

Le vent t’emportera. C’est ainsi.

 

 

 

Elle m'a dit

re garde les qui passent jeunes et insouciants

Ils se tiennent la main .. jusqu’où iront-ils .. ?

 

 

 

 

Elle m’a dit ici ils sont heureux sans savoir pourquoi

Elle m’a dit maintenant ils vont vers nulle part … ils passent dans un rêve qui n’existe pas

C’est juste une image pour les livres d’enfants …

Elle m’a dit aussi

S’ils sont heureux c’est qu’ils ne pensent à rien, et c’est qu’ils croient trouver au bout de leur chemin tout autant de bonheur qu’ils ont toujours rêvé

Ce qui les rend heureux c’est qu’ils savent manintenant, à cet instant précis, que leur bonheur existe, qu’il durera toujours.

 

mais nul ne sait ce qu’ils trouveront

 

 

Ils vont passer leur vie à rechercher cet instant, à vouloir reconstruire ce morceau de néant qui seul par son silence apporte le bonheur.

  

Le bonheur c’est comme un glaçon

simple et tout petit, limpide et transparent … éphémère

il est là maintenant et dans quelques instants il aura changé de forme

il sera toujours là mais il aura perdu sa capacité à apporter le plaisir attendu

 

et si j’attends encore pour le mélanger à ma boisson préférée, à ma vie, il ressemblera à une petite flaque informe, insignifiante

 

Le bonheur, cette bête sauvage et rebèle c’est le présent  

 

  

on ne peut le conjuguer car il est alchimie spontanée dont seuls les dieux les grands sages et les enfants connaissent la recette

 

le bonheur ... !

le bonheur cette bête sauvage qui se laisse approcher, et qui d'un coup s'enfuit quand on croyait enfin l'avoir saisi

Et si je le conjugue, il  fond

 

  

L’eau qui le composait s’évapore et disparaît .

L’alchimie fragile qui le maintenait sous sa forme de petit bonheur cubique lisse frais et transparent se vaporise et il nous échappe

 

Il est toujours là, mais devenu invisible à nos yeux qui se mouillent à leur tour de l’avoir perdu.

 

Alchimie des larmes et du sel …

 

Alors, je suis remonté par le chemin de sable qui traverse la dune

J’ai toujours un peu de douleur à devoir la quitter, ma mer conseillère, ma muse et ma maîtresse

  

 

 

J’ai longé la dune embaumée d’arômes d’écorces de pins et d’immortelles mêlés

   

parfum éternel qui comme un encens sauvage élève une prière invisible pour que reviennent encore  ces soirées d’été où la vie devient douce à marcher léger, les pieds dans le sable et la tête sereine.

 

 

J’ai remonté tranquille le chemin de la dune et j’ai cherché encore d’où venait ce parfum

Il est là, il m’envoûte me renvoie d’un coup à mes dunes d’enfance

mais il se cache autour des chardons desséchés,

au pied des immortelles … espèce protégée  

 

   

 

 

C’est quand elles sont fanées, c’est l’odeur de leur mort qui nous envoûte tant.

Car quand elles sont fraîches  et solides couvertes d’escargots

leur odeur ne ressemble à rien  

 à ce mélange indicible safran coriandre curry cannelle curcuma ambre et musc … qu’elles exhalent une fois sèches.

 .

m

m

m

m

 Souviens toi du parfum des immortelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
par GarouDesBois publié dans : nouvelles
Jeudi 25 août 2005
 
 
 

Les terriens m’atterrent.

Les nuages sont si doux à l’oeil.

 

 

t’as rien terrien,   

 t’es rien

     ... et le cheval dans la haie  

 

moi, j’ai les nuages,     mes nuages, ceux que je regarde, avec mes yeux 

que je déguste comme une grande barbe à papa, du sommet tendre et clair au fond sombre et croquant

 

 
  ... et le cheval dans la haie    

 

je suis le bâton de la barbe à papa

   
   ... n’a pas bougé depuis tout à l’heure   

 

deux mouettes, 

 c’est con une mouette.             pourtant qu’est ce que c’est beau ! 

sur gris doux sombre           vol doux            gros pépères nuages  

regarde, elle s’en vont vers le sud ....        

vers la tête du bélier            qui se déforme en altitude

 

t’as rien terrien,          

 

 

      t’es rien

 

tiens, prends une poignée de terre,  c’est un million de fois plus riche et plus vivant que nos téléphones

 

ça se pose pas trente six mille questions,

une poignée de terre  !

pourtant ça vit fort

et ça fait pas le contraire de ce que ça devrait.

ça va que dans un sens la terre, dans le bon.

 

Une longue baleine grise s’alanguit  dans le coton des cumulus. Elle entraîne dans son vol son baleineau espiègle qui glisse sous son ventre lisse 

Une longue baleine libre de ses actes s’alanguit dans le coton;

elle entraîne dans son vol ses baleineaux espiègles qui glissent sous son ventre lisse

 

 

on peut même foutre des coups de pieds dedans

elle s’en fout complètement,

la poignée de terre

 

... et le cheval dans la haie n’a toujours pas bougé   

 

  la lumière              orangée

 

lui claque le visage

son oeil de bois me regarde fixement

 

prairies vertes           luisantes            horizon gris orangé         

magnifique ... !

 

 t’as rien,        

t’es rien  terrien

 

 

 

le cheval dans la haie me fait du bien  sa présence m’apaise et me rassure 

 

le soleil sur un feuillage jaune maquille son oeil noueux d’une lune d’or

 

 

c’est pourtant tellement simple  tout est dessiné

 

les routes sont tracées,

les chemins reconnus,

les pièges évités,

les leçons apprises,

les mains propres,

le coeur ouvert.   .......

une pie vient à la fenêtre ouverte écouter les infos

et commente joyeusement les méfaits les guerres et les misères

 

La pie s’inquiète du cours du vers de terre à la bourse de Bruxelles

 

 

Ta misère est ton bonheur

Ton bonheur c’est ta misère 

N’en sors pas tu vas t’enrhumer.

attention mon amour tu va prendre froid si t’as plus mes mains sur ton ventre

 

le résultat des courses l’intéresse beaucoup plus que moi, mais ce qu’elle préfère pardessus tout c’est le rap  

les textes lui viennent spontanément   j’essaie de noter au fur et à mesure mais elle parle très vite

 

 

 

pas la joue tendue

 

pas la joue tendue !

 

 ............. nous font grandir

pas la joue tendue   ...    pas la joue tendue

la longue grise baleine s’est enfuie vers d’autres regards, elle a dû pénétrer lentement l’océan bleu pâle qui a pris sa place au fond de mes yeux

d’une vague éclaboussante a jailli la demi ronde lune   frêle et rose comme une jeune fleur

elle tangue lentement au sommet de mon ciel entre les écharpes frileuses argentées irisées

 

 

ta misère est ton bonheur               ton bonheur c’est ta misère

n’en sors pas tu vas t’enrhumer  n’en sors pas mon bébé tu vas prendre froid

 

 

t’es bien trop difficile, je te parle de la lune et tu viens piétiner mes graines de bonheur

tu casses les branchettes et les petits germes qu’auraient pu se transformer en belles grosses racines fortes

 

les pies sont toutes les mêmes

 

 

 

 

je me demande pourquoi je devrais mériter ça

 

toutes des               pies bavasseuses     baveuses voleuses ravageuses ravagées

déglinguées matraquées martyrisées bafouées ridiculisées frustrées

 

 

 

exploitées fouettées

et c’est si bon        terrien

elles ont reçu l’intelligence mais hélas

 

 

 

 

fouettées et c’est si bon

 

terrien          

t’as rien,             

 

t’es rien               terrien

 

 

 

hélas elles ne savent pas très bien s’en servir

ce ne sont que des pies

ta misère est ton bonheur               ton bonheur c’est ta misère       n’en sors pas tu vas t’enrhumer

 

 

 

au moins il se passe quelque chose d’intense

répandre la souffrance au pulvérisateur c’est plus efficace

et l’entretenir à petit feu                   que mes signes d’eau éteignent 

on peut élever des petites fleurs et les arroser de désherbant avant qu’elles soient trop belles

 

 

 ... et le cheval dans la haie              a disparu dans la pénombre

 

 

 

 

il me laisse seul        seul et libre         

libre de le retrouver

 

 

 

dès que le soleil éclairera à nouveau le tronc

qui dessine sa silhouette

 

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par GarouDesBois publié dans : nouvelles
Mercredi 24 août 2005

L'Homme qui marche



.... sur la plage presque vide, au coucher du soleil ... un homme assis écrit au crayon sur la page de garde d’un livre … les pages se soulèvent dans le vent léger du soir …
 

 

 

 L'     homme qui marche
     
   

… seul dans les vagues, un enfant disparaît sous chaque rouleau d’écume... et ressort quelques instants plus tard avec de grands éclats de rire de bonheur puis, bondit sous la vague suivante …. le soleil descend près de l'horizon .. les couleurs s'adoucissent … la mer prend des teintes d'émeraude limpide ... apaisée ..

il a pour lui tout seul toutes les vagues sur plusieurs kilomètres de côte ... jusqu'à l'horizon éperdu ...

il est dans l'eau depuis près de trois heures et ne donne pas l'impression d'avoir envie d'en sortir ... ce petit bonhomme tout seul dans cette immensité mouvante désertée des humains donne une impression de démesure ... dans cette baie, comme un croissant d'une douzaine de kilomètres de large ... seul jusqu'à l'horizon, pour toutes ces vagues qu'il semble recevoir chacune comme un cadeau ... le bonheur de cette eau vivante, tiède mouvante lumineuse .... on peut se demander pourquoi il n'y a pas quelques dauphins pour venir jouer avec lui, tellement il rit avec les vagues ...



une fillette passe en courant devant l’écrivain assis ... elle tire un cerf volant qui vole légèrement dans l'air doux du crépuscule ... sa longue traîne de papier multicolore vient frôler l'homme silencieux …



une femme debout, immobile, frileusement enrobée d'une serviette de bain blanche se laisse pénétrer, par les derniers rayons du soleil ... les pieds léchés par l'écume, elle reste sans mouvement, comme figée, le regard posé sur deux hommes jeunes, silencieux, très affairés à construire un château de sable et de galets plats et blancs ... sans doute se demande-t-elle à quel âge les garçons deviennent des hommes … ou peut-être pense-t-elle qu’ils ont bien de la chance, les hommes de pouvoir rester aussi insouciants si longtemps …



la plage est vidée de sa foule de l'après midi ... au loin, dans l'anse, sous la lumière orangée du couchant monte une brume légère ...



où sont passés les humains ? synchronisés par leurs conditionnements ... ils doivent être devant la télé, où autour d'un verre chaleureux, bienfaisant, à se raconter leur pêche, leurs vacances qui se terminent … à table à dévorer des frites et du kaetchup, leurs instants de vraie vie ... alors que l'heure est si douce, ici, sans eux ...



.... l’écrivain replonge dans son bouquin ....



et puis un homme étrange ... sac à dos de routard, chapeau à plume, bâton de marcheur ..... passe comme un rêve ... insolite …



une voix semble souffler … :

« peut être un signe..? »



quel signe ?… écrit prestement l’écrivain





 

 

je pense que c'est l'homme qui fait tourner la terre sous ses pieds ...
… à chaque fois qu'il plante son bâton dans le sable et qu'il le tire vers lui,
la planète tourne d'un clic ...
et à chacun de ses pas ...
le temps passe d'un clac ...
il marche dans la direction du couchant ...
et suit le soleil de sa marche laborieuse ...
et s'il s'arrête ...
la terre ne tourne plus ...
« vite il faut que je l’écrive avant de l’avoir oublié » …

... il entraîne le temps qui passe dans la trace de son pas qui s'étale, infini sur le sable mouillé ....



pourtant cet homme qui marche
reste toujours à l'heure du soleil couchant vers lequel
il se dirige indéfiniment sans jamais le rattraper ...
comme rivé à la lumière orangée rasant l’horizon
c’est la plage qui se déplace sous ses pieds … !
lui, ne bouge pas par rapport au soleil …

cet homme fait tourner la terre … !
quel signe … ? oui quel signe … ?

ça peut être bien autre chose … !



il se rend compte qu’il parle à voix haute, comme pour mieux saisir le message qu’il pressent … comme pour entendre quelqu’un témoigner de ce qu’il a cru comprendre …

mais qu’a-t-il pu comprendre en voyant passer cet homme … ? il n’en sait rien, lui-même … pourtant il lui semble important d’en témoigner par écrit … alors il cherche un instant … puis laissant son regard parcourir l’horizon … il s’abandonne au silence qui monte en lui … en ne pensant plus à rien …

puis après un long moment d’absence … il semble réintégrer son corps … il écrit à nouveau …

peut-être le signe que ceux qui ne bougent pas, reculent .. !

peut-être le signe que pour rester dans le présent il faut absolument avancer … ! ?

alors il se remet à écrire …

quand il aura fait le tour de la terre, avec son bâton qui fait tourner la planète …. et qu’il reviendra par le même chemin … moi et mon bouquin serons sans doute toujours à la même place, assis dans le sable, avec un peu plus de rides, avec une barbe de prophète …



la petite fille au cerf volant sera debout dans sa serviette de bains à regarder son père continuer de construire un château de sable qui s’effondrera à chaque marée montante … et elle se demandera si tous les hommes mettent autant de temps à grandir …

et sa mère ... elle sera où sa mère ... ?

la plage, elle, semblera toujours à la même place alors que la planète aura parcouru plusieurs millions de kilomètres dans sa course autour du soleil …



et l’homme qui marche avancera encore et encore en ayant l’impression de faire défiler le paysage autour de lui … son regard indéfiniment fixé sur le soleil couchant …





le soleil ayant disparu sous l’horizon … la nuit s’étale laissant poindre les étoiles … scintiller les phares … les phares des marins au langage mystérieux … pense l’écrivain en rangeant son crayon .. quatre éclats blancs toutes les dix secondes … je te connais bien, toi, tu es le phare des Baleines … la pointe Nord de l’île de Ré … le phare qui protège les marins de cette enfilade de roches à fleur d’eau …

plus possible d’écrire … l’écrivain ferme son bouquin … il songe … aux vagues dont il ne perçoit plus que le bruit régulier, incessant et dont il ne distingue plus que les rubans fluorescents d’écume qui viennent s’étaler sur le sable …

l’enfant qui jouait dans les vagues est venu s’asseoir à ses côtés, blotti dans ses rêves …

il se demande si l’homme qui marche continue sa randonnée, rivé au soleil couchant, quelques kilomètres plus à l’Ouest …



le ciel est si grand … l’espace si limpide … l’instant suffit pour toute réponse

par GarouDesBois publié dans : nouvelles
 
 
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