AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh hurla le Loup sous la Lune ronde ...
et tout le monde dans les villages alentour prit peur ....
fermant leurs portes à double tour, les femmes se mirent à prier, les enfants allèrent se blottir au fond des placards ... les hommes sortirent leur fusil
AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh hurla le Loup sous les nuages qui roulaient leurs ombres maléfiques ...
la forêt entière résonnait de ce hurlement qui se répandait comme un frisson au dessus des villages
AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh hurla le Loup au sommet de la colline ...
alors les hommes sortirent et le tuèrent

AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh
mais un long, très long hurlement emplit en même temps la vallée, le sommet de la colline, la forêt toute entière et les alentours de chaque village
l'écho répéta interminablement AAAOOUUUUUUUHHHHHHHHhhhh
les hommes se turent
puis ils quittèrent le village
et encerclèrent la Louve au fond de la vallée
on entendit comme en orage claquer leurs armes
puis le silence retomba ... vide et sinistre
la Louve ensanglantée, les yeux grands ouverts ne hurlera plus
personne n'avait entendu que son cri était un cri d'amour ...
tout le monde avait oublié le langage du Loup qui aime sous la Lune sa Louve son amie ...
alors les hommes rentrèrent au village et tout le monde se rendormit
il y a bien longtemps
le ciel était tout noir
tout noir
si noir qu'on ne savait même pas qu'il existait
personne ne pouvait le voir
LilouDesEtoiles retenait toujours ses cheveux relevés en y piquant un pinceau
un soir
elle monta tout en haut de son échelle pour voir par dessus l'horizon
si des fois, on apercevait quelque chose
mais elle ne vit rien
elle se cogna la tête sur le ciel invisible
c'est alors qu'elle remarqua quelque chose qui brillait
là où le pinceau dans ses cheveux avait touché le ciel
alors elle le trempa dans la lumière qu'elle gardait toujours au fond d'elle
et saupoudra le ciel de diamants scintillants

depuis ce jour Cassiopée et toutes les constellations
éclairent la voûte noire
et plus personne ne se cogne la tête en montant en haut d'une échelle
J’ai demandé à la mer si je devais répondre
J’ai demandé à ma mer
Je la voyais douce et tendre, généreuse et accueillante
Elle m’offrait ses reflets scintillants son écume parfumée
Son horizon limpide aux senteurs d’infini

Quand je me suis approché, elle bouillonnait si fort … elle a voulu me prendre
je la désirais calme et docile mais c'était l'heure de la grande lessive
Alors j'ai couru vers elle éperdu, vers ses tièdes tourbillons
j'ai tendu les bras, les mains jointes et j'ai plongé comme on vole dans le grand liquide
et j'ai plané dans son entraille mouvante, entre deux mondes entre deux eaux comme un têtard aux yeux vides
j’ai goûté au silence salé trouble et moite qui me berce et m’ensorcelle
je m’y sentais si bien que je voulais rester dans le ventre de la mer redevenir éternel sans pesanteur et sans soucis
Mais elle m’a dit respire Garde la tête hors de l’eau ne laisse pas les masses de mes vagues d’assaut détourner ton chemin Tu as bien mieux à faire qu’à te battre contre l’écume qui te passe au travers et que jamais personne n’a réussi à retenir
Je me suis assis sur le sable chaud à l’abri du vent au bord de la dune en contemplant son image sage.
Elle m’a dit que chaque instant est un présent, que chaque vague est une offrande.
Que celui qui désire m’affronter doit rester humble …
Que demain n’existe pas, c’est une invention des humains …
Que seul compte l’instant qui passe … l’instant de ta vie tout entière
Elle m’a dit respire encore, ne compte ni le temps ni les grains de sable … ne compte ni le vent ni les coquillages … ne compte ni les jours ni les saisons
Elle m’a dit aussi oublie l’âge que tu as car il ne veut rien dire … elle m’a confié aussi mais ça c’est un secret
… tu sais j’ai repris à la vie des enfants jeunes et beaux qui pensaient n’être qu’au début d‘une longue existence et les ai emportés au delà des frontières du conscient …
Puis elle a ajouté
… tu vois ce vieil homme difforme sur son fauteuil roulant poussé péniblement par cette femme jeune … eh bien un jour je reprendrai la femme et lui, restera seul … pour elle ce sera la fin d’un long calvaire et pour lui le début d’une souffrance encore plus grande … celà parait injuste et pourtant c’est ainsi que les enfants jeunes et les femmes dévouées disparaissent aussi … car la vie ne s’attarde pas à ces considérations ..
ce qui te paraît injuste est la loi de la nature dont tu n’es que poussière et que chacun se doit d’apprendre à ses dépends.
Personne ne connaît cette loi, il faut à chaque instant l’apprendre et l’oublier.
Personne ne l’a jamais écrite il faut la ressentir.
Personne ne pourra jamais la prévoir car je la change à chaque instant.
Alors sois sage et respectueux, humble mais dynamique car tu ne sais pas petit homme, quand viendra le moment que j’aurai chois pour toi.
Tu ne sais pas quel courant t’emportera, quel vent t ‘arrachera du sol que tu crois si solide.
Tu auras beau nager comme le plus bel athlète, courir beaucoup plus vite que le plus rapide des lièvres, le jour où j’aurai décidé de t’emmener dans mon voyage, rien ni personne ne saura te retenir.
Le vent t’emportera. C’est ainsi.
Elle m'a dit
re garde les qui passent jeunes et insouciants
Ils se tiennent la main .. jusqu’où iront-ils .. ?

Elle m’a dit ici ils sont heureux sans savoir pourquoi
Elle m’a dit maintenant ils vont vers nulle part … ils passent dans un rêve qui n’existe pas
C’est juste une image pour les livres d’enfants …
Elle m’a dit aussi
S’ils sont heureux c’est qu’ils ne pensent à rien, et c’est qu’ils croient trouver au bout de leur chemin tout autant de bonheur qu’ils ont toujours rêvé
Ce qui les rend heureux c’est qu’ils savent manintenant, à cet instant précis, que leur bonheur existe, qu’il durera toujours.
mais nul ne sait ce qu’ils trouveront
Ils vont passer leur vie à rechercher cet instant, à vouloir reconstruire ce morceau de néant qui seul par son silence apporte le bonheur. Le bonheur c’est comme un glaçon simple et tout petit, limpide et transparent … éphémère il est là maintenant et dans quelques instants il aura changé de forme il sera toujours là mais il aura perdu sa capacité à apporter le plaisir attendu et si j’attends encore pour le mélanger à ma boisson préférée, à ma vie, il ressemblera à une petite flaque informe, insignifiante
Le bonheur, cette bête sauvage et rebèle c’est le présent on ne peut le conjuguer car il est alchimie spontanée dont seuls les dieux les grands sages et les enfants connaissent la recette
le bonheur ... ! le bonheur cette bête sauvage qui se laisse approcher, et qui d'un coup s'enfuit quand on croyait enfin l'avoir saisi Et si je le conjugue, il fond L’eau qui le composait s’évapore et disparaît . L’alchimie fragile qui le maintenait sous sa forme de petit bonheur cubique lisse frais et transparent se vaporise et il nous échappe
Il est toujours là, mais devenu invisible à nos yeux qui se mouillent à leur tour de l’avoir perdu. Alchimie des larmes et du sel …
Alors, je suis remonté par le chemin de sable qui traverse la dune
J’ai toujours un peu de douleur à devoir la quitter, ma mer conseillère, ma muse et ma maîtresse
J’ai longé la dune embaumée d’arômes d’écorces de pins et d’immortelles mêlés
parfum éternel qui comme un encens sauvage élève une prière invisible pour que reviennent encore ces soirées d’été où la vie devient douce à marcher léger, les pieds dans le sable et la tête sereine.

J’ai remonté tranquille le chemin de la dune et j’ai cherché encore d’où venait ce parfum
Il est là, il m’envoûte me renvoie d’un coup à mes dunes d’enfance
mais il se cache autour des chardons desséchés,
au pied des immortelles … espèce protégée
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C’est quand elles sont fanées, c’est l’odeur de leur mort qui nous envoûte tant. Car quand elles sont fraîches et solides couvertes d’escargots leur odeur ne ressemble à rien à ce mélange indicible safran coriandre curry cannelle curcuma ambre et musc … qu’elles exhalent une fois sèches. . m m m m
Souviens toi du parfum des immortelles.
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Les terriens m’atterrent. Les nuages sont si doux à l’oeil.
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t’as rien terrien, t’es rien |
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| ... et le cheval dans la haie | |||
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moi, j’ai les nuages, mes nuages, ceux que je regarde, avec mes yeux que je déguste comme une grande barbe à papa, du sommet tendre et clair au fond sombre et croquant
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| ... et le cheval dans la haie | |||
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je suis le bâton de la barbe à papa |
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| ... n’a pas bougé depuis tout à l’heure | |||
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deux mouettes, c’est con une mouette. pourtant qu’est ce que c’est beau ! sur gris doux sombre vol doux gros pépères nuages regarde, elle s’en vont vers le sud .... vers la tête du bélier qui se déforme en altitude
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t’as rien terrien,
t’es rien
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tiens, prends une poignée de terre, c’est un million de fois plus riche et plus vivant que nos téléphones
ça se pose pas trente six mille questions, une poignée de terre ! pourtant ça vit fort et ça fait pas le contraire de ce que ça devrait. ça va que dans un sens la terre, dans le bon.
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Une longue baleine grise s’alanguit dans le coton des cumulus. Elle entraîne dans son vol son baleineau espiègle qui glisse sous son ventre lisse Une longue baleine libre de ses actes s’alanguit dans le coton; elle entraîne dans son vol ses baleineaux espiègles qui glissent sous son ventre lisse
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on peut même foutre des coups de pieds dedans elle s’en fout complètement, la poignée de terre
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... et le cheval dans la haie n’a toujours pas bougé
la lumière orangée
lui claque le visage son oeil de bois me regarde fixement
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prairies vertes luisantes horizon gris orangé magnifique ... ! |
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t’as rien, t’es rien terrien |
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le cheval dans la haie me fait du bien sa présence m’apaise et me rassure
le soleil sur un feuillage jaune maquille son oeil noueux d’une lune d’or
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c’est pourtant tellement simple tout est dessiné
les routes sont tracées, les chemins reconnus, les pièges évités, les leçons apprises, les mains propres, le coeur ouvert. ....... |
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une pie vient à la fenêtre ouverte écouter les infos et commente joyeusement les méfaits les guerres et les misères
La pie s’inquiète du cours du vers de terre à la bourse de Bruxelles
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Ta misère est ton bonheur Ton bonheur c’est ta misère N’en sors pas tu vas t’enrhumer. |
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attention mon amour tu va prendre froid si t’as plus mes mains sur ton ventre |
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le résultat des courses l’intéresse beaucoup plus que moi, mais ce qu’elle préfère pardessus tout c’est le rap les textes lui viennent spontanément j’essaie de noter au fur et à mesure mais elle parle très vite |
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pas la joue tendue |
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pas la joue tendue ! |
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............. nous font grandir pas la joue tendue ... pas la joue tendue la longue grise baleine s’est enfuie vers d’autres regards, elle a dû pénétrer lentement l’océan bleu pâle qui a pris sa place au fond de mes yeux d’une vague éclaboussante a jailli la demi ronde lune frêle et rose comme une jeune fleur elle tangue lentement au sommet de mon ciel entre les écharpes frileuses argentées irisées
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ta misère est ton bonheur ton bonheur c’est ta misère n’en sors pas tu vas t’enrhumer n’en sors pas mon bébé tu vas prendre froid
t’es bien trop difficile, je te parle de la lune et tu viens piétiner mes graines de bonheur tu casses les branchettes et les petits germes qu’auraient pu se transformer en belles grosses racines fortes
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les pies sont toutes les mêmes |
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je me demande pourquoi je devrais mériter ça |
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toutes des pies bavasseuses baveuses voleuses ravageuses ravagées déglinguées matraquées martyrisées bafouées ridiculisées frustrées |
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exploitées fouettées et c’est si bon terrien |
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elles ont reçu l’intelligence mais hélas
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fouettées et c’est si bon
terrien t’as rien,
t’es rien terrien
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hélas elles ne savent pas très bien s’en servir ce ne sont que des pies ta misère est ton bonheur ton bonheur c’est ta misère n’en sors pas tu vas t’enrhumer |
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au moins il se passe quelque chose d’intense |
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répandre la souffrance au pulvérisateur c’est plus efficace et l’entretenir à petit feu que mes signes d’eau éteignent on peut élever des petites fleurs et les arroser de désherbant avant qu’elles soient trop belles
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... et le cheval dans la haie a disparu dans la pénombre
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il me laisse seul seul et libre libre de le retrouver
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dès que le soleil éclairera à nouveau le tronc |
qui dessine sa silhouette |
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